Web 2.0: 4. L’evolution des technologies de l’Internet

By Laurent Soron

Après les pages statiques en pur HTML, puis les pages dynamiques (asp, jsp, php…) jusqu’à AJAX, la plupart des Technologies Internet ont fait la part belle aux serveurs.
La technologie Flash est un bon exemple des possibilitées offertes (surtout multimédia) par des bibliothèques déjà installées sur le client. Il fautciter également la technologie XUL qui permet d’étendre les capacités (ou de modifier l’apparence, le comportement…) du navigateur internet Firefox.

La version 2.0 de Firefox va plus loin en intégrant une base de données (SQLlite), ce qui permet de rêver à de nouvelles fonctionnalités, tel la sauvegarde d’informations structurées pour un usage offline. Un premier exemple est offert par l’extension Zotero qui enregistre des blocs de données off-line (tel des citations, des liens…).

Etat des lieux

Aujourd’hui, nous disposons des technologies suivantes:

  • Serveur: grâce à des langages de programmation dynamiques, il est possible d’extraire des données de bases de données, de les mettre en forme (texte, tableaux, graphique, image…).
    Pour faciliter la création de contenu et séparer la représentation du contenu, les sites utilisent des CMS (Content Management System) qui automatisent la mise en forme des différents modules de structure (menu), d’information (contenu) ou de publicité.
  • Client: l’Internet étant multi-plateformes (Windows, Mac OS, Linux, *BSD…) et multi-versions (tous les logiciels ne disposant pas des mêmes logiciels ou des mêmes versions), le contenu reste “pauvre” (Surtout du texte et quelques images animées) et n’interagit pas vraiment avec le contenu local (la technologie ActiveX a montré les limites du système notamment en terme de sécurité).
  • Les communications Client-Serveur sont sécurisées grâce à l’usage de la cryptographie (protocoles https, ssl, chiffrement des données) et d’applets (des programmes téléchargés sur le client).
  • Le contenu est limité à un nombre limité de sources. L’utilisateur utilise un logiciel pour accéder à un site web qui regroupe du contenu provenant d’un faible nombre de sources (moins d’une dizaine en général). Une place non négligeable de l’écran est utilisée pour afficher de la publicité.
  • Les interfaces des sites web ne sont que très partiellement personnalisables.

Limitations

  • Les interfaces restent mono-utilisateur: le serveur instancie une session par client, et aucune session n’interagit avec une autre
  • Les transferts de données montants (du client vers le serveur) sont extrêmement limités (quelques lignes de texte tel nom, prénom, adresse…)
  • Les données ne proviennent que d’un nombre limité de sources et sont principalement dirigés du serveur vers le client.
  • Le format et la forme des données est limité par les capacités standards des navigateurs: Texte sous forme de modules assemblés en tableaux (ou colonnes), peu d’animations multimédia (le son est quasimment inexistant), de couleurs (elles restent très neutres). Le contenu du web ne s’intègrent absolument pas avec l’environnement local de travail de l’utilisateur.
  • Aucun site web (à ma connaissance) ne permet de mettre en ligne de contenu varié.
    Plusieurs sites proposent des services d’hébergement (par exemple: Del.ico.us pour les favoris, Youtube pour la vidéo, MySpace pour son blog, Flickr pour ses images, Box.net pour le reste (binaires))

Quelles évolutions possibles?

Afin d’améliorer “l’expérience utilisateur” sur l’Internet, je vois deux évolutions possibles:

1. L’approche Mainframe: déporter tous les éléments sur le serveur, le système d’exploitation de l’utilisateur se contentant d’afficher les éléments multimédias et de récolter et d’envoyer au serveur les entrées de l’utilisateur.

Avantages:

  • les mises à jour restent simples, car centralisées.
  • le client peut accéder au contenu de n’importe quel client.
  • la collaboration est facilitée le serveur centralisant toutes les entrées utilisateur, il peut gérer l’interaction et la sécurité.

Inconvénients:

  • les capacités de l’interface restent limités aux capacités de l’ordinateur client (le problème du multi-version n’est pas réglé).
  • l’utilisateur doit toujours être en ligne et les débits doivent augmenter fortement pour permettre l’usage de nouveaux médias (la vidéo par exemple). Tout voyage en avion devient un problème, une frange de la population est marginalisée car elle n’est pas raccordée à un débit suffisant à l’Internet (que les raisons soient économiques, techniques ou idéologiques).

2. L’approche Client lourd: les standards techniques s’élèvent à un point ou chaque client dispose des bibliothèques (de fonctions graphiques, cryptographiques, mathématiques…) suffisantes pour accéder au contenu qu’il désire et dans la forme qu’il trouve appropriée.

Avantages:

  • La charge sur le serveur est allégée car il n’a plus à s’occuper de toute la représentation graphique, seules les données sont transférées.
  • Le mode hors ligne devient moins handicapant, l’interface client restant toujours aussi riche et rapide, seules les données ne sont plus actualisées. Lorsque cela est nécessaire, il peut se connecter pour synchroniser les bases de données locales avec celles des serveurs afin de bénéficier des dernières informations.

Inconvénients:

  • Un standard ne permettant à aucun acteur du marché de prendre l’avantage, celui-ci risque de n’évoluer que lentement.
  • Les mises à jour deviennent problématiques, tous les clients devant se mettre à jour continuellement (logiciel, matériel) pour bénéficier de nouvelles fonctionnalités.
  • Une frange de la population est marginalisée car elle ne dispose pas d’un équipement “standard”. Ce problème peut être réglé par la publicité ou la location (la consommation devenant obligatoire)

Il me semble que les deux approches vont subsister pendant quelques années avant que l’une ou l’autre ne s’impose. La méthode 1 (“Mainframe”) permet de faire évoluer les capacités de l’internet jusqu’à ce que ces nouvelles fonctionnalités soient intégrées par tous les acteurs du marché et celles-ci tombant dans le socle commun de fonctionnalités offertes par le client, celui-ci devenant surement à code ouvert puisqu’il ne dispose plus d’aucun avantage pour les acteurs du marché, la maintenance étant alors assurée par la communauté.

La place de la publicité reste entière, car celle-ci continue de jouer un rôle important dans le financement des évolutions techniques. Les réclames pour les produits et services seront toujours affichées en mode “hors ligne” et se mettant également à jour lors de la connection du client. Exemple d’utilisation (Module “Add-it” du Palm Lifedrive): lors de la synchronisation, le catalogue de logiciels est mis à jour (nouveautés, promotions…), les achats de logiciels et/ou services sont effectués, les données correspondantes étant téléchargées sur le client. Afin de fidéliser le client, des dépèches d’actualité sont téléchargées et intégrées au logiciel. Les archives sont disponibles mais pour peu de temps, la recherche dans le contenu est impossible.

Le mode offline apparait (Dojo Offline Toolkit), les avantages du modèle open source se répand (Open Suse)

Note: Ce document est sous license Creative-Common by-nc-sa

Mots-clefs : , , ,

Laisser un commentaire